DEPARTEMENT : Vœux de Ziad Khoury, préfet de l’Aisne sous fond de fermeté et de projets


« Dans notre République, force doit rester à la loi. Nous avons la mission constitutionnelle de faire appliquer la loi, nous sommes les dépositaires de l’autorité publique, notre action s’inscrit au coeur du contrat social. C’est pourquoi il n’y aura ni tolérance ni complaisance pour ceux qui s’en prennent à vous, qui défient l’autorité de l’État, à laquelle les Français sont très attachés. Il n’existe pas des violences d’un côté comme de l’autre ; il existe des actes illégaux d’une minorité très réduite d’un côté, et, de l’autre côté, de façon encadrée, la mission de service public et le monopole légitime de la contrainte. C’est le sens de la démocratie et nous ne céderons à aucun raisonnement fallacieux dans ce domaine. Je pense avec beaucoup de sympathie et de respect à ceux d’entre nous qui ont été l’objet de violences verbales ou physiques ces derniers mois, ou qui ont été des victimes dans l’accomplissement, parfois tragique, de leurs missions. » Le ton est donné par le préfet de l’Aisne, Ziad Khoury, lors de la cérémonie des vœux dédiés aux agents de l’Etat et de rendre hommage au policier décédé après avoir été renversé à Bron.

Quatre signaux d’optimisme 

Le représentant de l’Etat souhaite que 2020 soit une année d’optimisme définie en quatre points

Il y a un an, le pays sortait progressivement de l’apogée d’une crise atypique, celle des Gilets Jaunes, exprimant un malaise qui venait de loin et, en même temps, une volonté de ne pas y être résigné mais de chercher les voies d’un sursaut.

« En 2020, et même si ce malaise n’a naturellement pas disparu, même si nous vivons une période de manifestations, nous avançons sur différents sujets et discutons en particulier d’une réforme importante, celle des retraites, dans la perspective d’assurer la pérennité de notre système et de le rendre plus juste. »

En 2020, 146 000 foyers dans l’Aisne verront leur taxe d’habitation totalement supprimée. C’est une décision exceptionnelle dans l’histoire fiscale, qui représente une économie annuelle moyenne de 454 euros et 97 millions d’euros de pouvoir d’achat réinjectés dans le département lorsque cette suppression concernera tous les foyers en 2023.

En 2020, le déploiement du très haut débit va s’accélérer dans l’Aisne, pour s’achever en 2022. Le Premier ministre vient de signer une décision de financement de 74 millions d’euros. C’est un choix politique fort en faveur des départements ruraux.

En 2020, une étude récente nous indique que les directions achats des différents organismes seront moins sensibles au seul facteur de coût pour tenir compte davantage du fabriqué en France, de la qualité, de la sécurité, de l’innovation, de l’impact environnemental. Cette tendance à une relocalisation peut profiter à un département comme l’Aisne.

« Voilà quatre signaux positifs. Mais le plus grand signe d’optimisme que je vois depuis ma place sont les atouts dont dispose l’Aisne pour être attractive, ce qu’elle n’est pas suffisamment. » souligne le préfet.

Eoliennes, agriculture et illetrisme

Ziad Khoury annonce également que l’heure est venue à plus de retenue dans les projets d’éoliennes, notamment au regard des critères de paysage et de patrimoine, au profit d’autres vecteurs de la transition énergétique comme le photovoltaïque, la méthanisation ou la rénovation thermique et que pour l’agriculture, une activité essentielle pour notre pays, sa souveraineté, ses territoires et sa qualité alimentaire, l’enjeu est dans la recherche de nouveaux débouchés comme les signes de qualité ou une filière bio sourcée pour le secteur du bâtiment.  « Je souhaite également favoriser une meilleure coopération avec le monde de la chasse, afin d’aboutir à un schéma cynégétique départemental. »

Il n’a pas hésité non plus a rappelé qu’il n’y a aucune fatalité à l’illettrisme et à l’illectronisme, et que l’Aisne pâtit d’un handicap particulier dans ce domaine, « J’en ai fait la grande cause départementale pour cette année. »

Et le préfet de conclure « Puisque nous commémorons cette année les 150 ans de la mort d’Alexandre Dumas, natif de l’Aisne, permettez-moi de lui emprunter cette citation : C’est quelques fois pénible de faire son devoir, mais ça ne l’est jamais autant que de ne pas l’avoir fait. »

« Nous sommes des serviteurs de l’État et nous savons où est notre devoir, avec une détermination à obtenir des résultats. Nous connaissons le défi que nous jette la morale de la fable de La Fontaine, Conseil tenu par les rats : Ne faut-il délibérer, la Cour en conseillers foisonne ; Est-il besoin d’exécuter, l’on ne rencontre plus personne ».

Hervé BOUTELIER

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